Bagnards et galériens de l’Orne !
« L'Orne apporte dans ses flancs de quoi nous remplacer » écrivait en 1895 le bagnard Miel dans sa Chanson de l'Orapu. N'allez pas croire que le département de l'Orne pouvait à lui seul pourvoir en bagnards la Guyane ! « L'Orne », sous la plume de ce réprouvé, c'est le nom d'une vieille frégate-ponton transportant ses compagnons d'infortune du bagne de Saint-Martin-de-Ré en Guyane française, celui qui y amena les Communards peu auparavant vers la Nouvelle-Calédonie.
Pour autant, beaucoup de condamnés ornais ont quitté la glaise du département pour les ponts des galères royales jusqu'en 1748, le fer des bagnes maritimes métropolitains à compter de cette date, puis l'enfer des coloniaux prenant le relais des trop proches métropolitains dès 1851, le dernier bagne métropolitain, celui de Toulon, fermant en 1873. Outre quelque 180 communes ornaises sur les 505 actuelles à avoir compté un bagnard ou un galérien, on ne dénombre plus les patronymes ornais entachés par l'ombre d'un de ces réprouvés, même parmi ceux qui font le renom du département. Saviez-vous que derrière le nom de l'industriel aiglon Bohin se cache un Gilles Bohain, un bagnard de Saint-Sulpice-sur-Risle même, condamné en 1760 ? L'humoriste François Morel serait-il étonné de savoir qu'un Jacques Morel de L'Aigle sera condamné au bagne en 1854 ? Qui sait, peut-être que votre nom de famille ou celui de votre commune se trouve dans cette liste noire, flétrie au fer rouge par une empreinte, délébile avec le temps ?... Peut-être que l'un de vos ancêtres est « allé à Tataouine », la chaîne des générations s'agrégeant à celle des forçats ? C'est la raison pour laquelle j'ai jugé judicieux d'établir cette liste qui sera précieuse pour chacun, généalogistes, chercheurs en histoire ou tout simplement amoureux de son terroir. Puisse cette liste émoustiller quelques esprits curieux et engendrer d'autres récits criminels...
Liste de quelque 400 bagnards de l'Orne de 1742 à 1879.
En préambule, précisons que dans cette liste établie par commune dans l'ordre alphabétique, le nom du condamné est suivi de son prénom, lui-même précédant l'année de sa condamnation. Pour chaque commune d'où la personne est originaire, nous avons choisi l'ordre chronologique des condamnations, permettant accessoirement d'en déduire des affaires communes à plusieurs patronymes. Naturellement, cette liste n'est pas exhaustive, ne serait-ce parce que l'utilisation de condamnés comme galériens remonte à Jacques Coeur au XV ème siècle, se poursuivant sous un Colbert ordonnant l'application de la peine des galères aux condamnés de droit commun en période de paix et ne s'arrêtant qu'en 1748 avec le remplacement de la peine de galère par celle des travaux de fatigue dans les arsenaux qui coïncide avec la création des premiers bagnes métropolitains à Toulon et à Brest cette année-là. Ne serait-ce aussi que parce que, hormis le bagne indochinois de Poulo Condor, les bagnes coloniaux et militaires ne seront officiellement abolis qu'en 1938 par le décret-loi du gouvernement Daladier et cette abolition effective que dans l'immédiat après-guerre.
La liste est dans l'ouvrage Les nouvelles affaires criminelles de l'Orne.
* Peines capitales dans l’Orne.
Liste des condamnés à la peine capitale dans l'Orne depuis 1817 :
- Julien François PERRICO et Raymond DURAND, exécuté le 22 mai 1817.
-Jean Toussaint FRILOUX, le 11 mars 1820 à Mortagne,
-Louis Victor PAILLE, crime passionnel, condamnation à mort, commué le 22 janvier 1822.
- AVIGNON et RADIGUET, assassinats, le 20 septembre 1824 à Alençon.
-Simon Jean Henri LETELLIER, assassinat, condamné le 7 juillet 1826, le 28 août 1826.
-Pierre Jean Louis HUBERT, assassinat et vol, condamné le 28 octobre 1826, 28 décembre 1826.
-François Joseph DESCHAMPS, assassinat, condamné le 26 octobre 1826, le 19 décembre 1827.
-Rose Jeanne LEPAGE, veuve TURBOUST et Pierre François PARIS, parricide, condamnés le 12 avril 1828, le 9 juin 1828.
- Hubert François LOUCHIN, condamné le 14 février 1829 par la cour d 'assises de Côte-d'Or, le 21 avril 1829 à Alençon.
-Jeanne Julienne Eléonore SEGOT, veuve LEFORESTIER, condamnée le 5 avril 1829, le 15 juin 1829.
-Louis René VINET, assassinat et vol, condamné le 2 août 1829, le 22 septembre 1829.
-Jacques Thomas HENRY, crime passionnel, condamné le 31 juillet 1829, le 29 septembre 1829.
- BULET, condamné, exécuté en 1829 à Alençon.
- Louis LECOINTRE, assassinat et vol, condamné le 16 janvier 1841, le 8 mars 1830.
- Cennery PAYSANT, assassinat et vol, condamné le 20 mars 1830, le 14 juin 1830.
Nicolas François CHICHIN, incendiaire, condamné le 26 mars 1830, le 14 juin 1830.
François TROTTET, assassinat, condamné le 10 mai 1832, le 23 juillet 1832.
Jean GUITTARD, assassinat et vol, condamné le 21 avril 1834, le 31 mai 1834.
Jacques DROUERE, assassinat, condamné le premier novembre 1834, le 20 janvier 1835.
François LECOMTE, crime passionnel, condamné le 30 octobre 1841, le 6 janvier 1842.
Pierre Isidore LAINE, parricide, condamné le 15 janvier 1845, le 08 mars 1845.
Marie Louise COTINET , épouse GUILLIN et François GUILLIN, le 4 juin 1847.
Jean Michel Henri ROYNEL, serrurier, assassinat sur son parent Daligaut, condamné le 7 juillet 1849, le 10 septembre 1849.
Héloïse Adèle BELLEAU, épouse BERRIER, parricide, le 19 juin 1852 à Alençon.
Martin Marie CAIGNARD, assassinat et vol, condamné le 24 avril 1863, le 6 juin 1863.
-Alexandre Charles CRESTOT, assassinat et vol du clerc d’huissier Fresnel à Paris, condamnation à la peine capitale le 27 octobre 1867, commuée.
-Jacques Joseph MERCIER et Marie-Appoline Albertine LECESNE, veuve LAMBERT, crime passionnel du fermier Alexandre Lambert à Bosc-Renoult en 1876 , condamnations à mort le 20 janvier 1877, demandes de grâce, peines commuées ensuite.
-Aimé Ernest MAUTIN, assassinat et viol, condamné le 26 octobre 1878, grâce refusée le 28 octobre, exécuté à Alençon le 18 décembre suivant.
-Clément FOURMEAUX, assassinat et vol, condamnation à la peine capitale le 14 janvier 1882, commuée.
-Affaire Henry Félix Adolphe JEANNE, assassinat et vol, condamné à mort le 2 mai 1888. Demande de grâce.
- BOSVY, double meurtre, condamné à mort le 6 juillet 1905.
- BELOT, condamné à mort le 7 avril 1909.
- Henri CISBOIS, condamné à mort le 8 avril 1909.
- Henri COLSON et Alphonse STEPHAN, condamnés à mort le 9 avril 1909.
- Jean BADIER, condamné à mort le 16 février 1924, peine commuée en travaux forcés à perpétuité.
-Anissé LEBOE, condamné à mort le 13 mai 1924, peine commuée en travaux forcés à perpétuité le 31 juillet 1924.
-Albert LECLERC, condamné à mort pour la tentative de meurtre d'un gendarme à Gacé, gracié par le président Doumergue le 16 août 1924.
-Albert AUPEE, assassinat et vol, condamné à la peine capitale le 7 mai 1942, exécuté le 16 septembre suivant,
-Léon V., assassinat et vol, condamné à la peine capitale en appel le 7 août 1947, évadé et repris le 17 octobre suivant.
-André M. et Roger L., assassinats, condamnés à la peine capitale en mai 1947, évadés, incarcérés, graciés vers 1950.
-Henri Marius P., assassinat et vol, évadé, repris et exécuté le 5 juillet 1947.
-Fernand B., parricide, condamné à mort le 29 février 1949, commué en peine à temps.
-Henri B. et Hélène M., crime passionnel, condamnés à mort le 18 mai 1949.
-Charles B., condamné à la peine capitale le 20 février 1950.
Avec de dernier, s’achève la liste des condamnés à mort dans le département. Après 1950, les assises de l’Orne n’en ont pas prononcé d’autres.
Par principe éditorial et par égard aux proches des affaires pour lesquels les stigmates de ces drames ne sont jamais cautérisés, nous évoquons criminels et victimes par une seule lettre à compter de 1945, sauf cas d'affaires exceptionnelles passées dans la mémoire collective départementale et surtout nationale. Naturellement, ce principe ne participe aucunement d'une quelconque réhabilitation de personnes coupables de faits jugés par les tribunaux. Dans cette logique, jamais aucune photo de criminels n'agrémente les chapitres, mais parfois celles de leurs victimes, ainsi pour l'affaire de Mauves-sur-Huisne ou celle de Tanques par exemple.
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jeudi
Quatrième de couverture et données techniques.

Quatrième de couverture, tranche et couverture.
Orne, tendre et discrète Orne, combien de criminels, de voleurs, d’incendiaires ont défrayé la chronique de tes hameaux ? Quels sentiments ont mué leurs noirs desseins, vengeance, cupidité, amour, jalousie, haine ? Nul ne le sait...
Une certitude cependant. Alerte, réaliste, émouvante, la plume de Jean-François Miniac emporte le lecteur du deuxième tome de cette chronique judiciaire, lui dévoilant une trentaine d’affaires parmi les plus captivantes que cette terre ait donné.
Beaucoup sont encore gravées dans la mémoire collective, telle la figure tutélaire de Charlotte Corday. Murmurez un nom et les souvenirs enfouis ressurgissent... Déroulant le fil rouge de la criminalité ornaise du xive au xxe siècle, Les Nouvelles Affaires Criminelles de l’Orne font la lumière sur l’insoupçonnée face obscure du patrimoine départemental à l’image de figures historiques, comme le marquis de Sade, le Père Duchesne, la Dame aux camélias, Violette Nozière, Maurice Garçon, René Hardy, ou Jean-Charles Willoquet. Pour l’heure, chut ! entrouvrons le rideau de ce fascinant théâtre d’ombres...
Les nouvelles affaires criminelles de l'Orne [Texte imprimé] / Jean-François Miniac. - [Sayat] : de Borée, impr. 2009 (63-Clermont-Ferrand : Impr. la Source d'or). - 1 vol. (384p.) : ill., couv. ill. en coul. ; 24 cm. - (Les grandes affaires criminelles).
Bibliogr. p. 323. - DLE-20081009-54784. - 364.150 944209 (22) . - ISBN 978-2-84494-959-2 (br.) : 24 EUR. - EAN 9782844949592.
Crimes et criminels -- France -- Orne (France) -- Histoire
Orne (France) -- Histoire
BN 41352471 notice au format Unimarc ISO-2709
08-507.
Cet ouvrage est référencé chez Crimino Corpus, le portail de l'Histoire de la justice, des crimes et des peines, plate-forme du CRHST-CNRS
NB: AM
Sortie nationale des Nouvelles affaires criminelles de l'Orne.

Après le succès de librairie de l'ouvrage Les grandes affaires criminelles de l'Orne, paru chez de Borée en septembre 2008, les mêmes éditions font paraitre en août 2009 Les nouvelles affaires criminelles de l'Orne (384 pages-EAN 9782844949592).
Espérons que les lecteurs accueilleront aussi favorablement ce nouveau recueil que le premier, que ce succès de librairie espéré se double d'un bon accueil critique, comme précédemment.
Outre une trentaine de nouvelles affaires, le présent recueil revient sur quelques affaires évoquées dans le premier livre, les affaires relatives à la Libération notamment, les contacts établis lors des séances de signatures à l'automne dernier ayant permis de remonter de nouveaux témoignages. De surcroit, quelques chapitres sont consacrés à des affaires concomitantes aux affaires de la mouvance Foccart, telle celle du quintuple assassinat de la Barbotière ou d'un gestapiste de la carlingue, Roger Griveau. Comme pour chaque volume, une des affaires a été traitée dans une langue particulière, exercice de style permettant d'apporter une variétée stylistique à l'ensemble, une verve plus vivante, colorée, portée en l'occurrence par un personnage imaginaire, co-détenu du délirant criminel. Dans le présent livre, il s'agit de la terrible et malheureuse affaire H., au milieu des années 70 en pays d'Ouche, réécrite en langue argotique des années 50, grâce au célèbre dictionnaire du maitre en la matière, le romancier noir Auguste Le Breton (1913-1999), à savoir, L'Argot chez les vrais de vrais.
Bonne lecture à tous !
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